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Tanzanie – Relocalisation des Maasaï : Déplacement volontaire ou expulsion forcée ?

Tanzanie – Relocalisation des Maasaï : Déplacement volontaire ou expulsion forcée ?

Une opération de relocalisation des Maasaï de leur réserve naturelle de Ngorongoro en Tanzanie a débuté ce jeudi 16 juin 2022. Si les autorités estiment que ce déplacement “volontaire” est nécessaire pour préserver la faune, de nombreux défenseurs des droits de l’homme dénoncent ce qu’ils appellent “une expulsion forcée”…

C’est leur habitat naturel depuis plus d’un siècle. Et pourtant, ils ont été récemment invités par le gouvernement tanzanien à le quitter, dans un programme dit de “relocalisation volontaire”. 

Le déplacement a débuté ce jeudi 16 juin 2022, lorsqu’une vingtaine de famille Maasaï a commencé à quitter le cratère de Ngorongoro, situé dans le Nord de la Tanzanie, pour aller vivre désormais dans la région de Handeni, à 600 kilomètres au sud.

Pour les autorités, la population sans cesse croissante de ces guerriers et éleveurs semi nomades (de 8000 en 1959 à plus de 100 000 de nos jours) constituent une menace pour la faune et la flore de ce site classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

D’ailleurs, la présidente tanzanienne, Samia Suluhu Hassan, avait déclaré l’année dernière que le “Ngorongoro est en train de se perdre”. Elle se referait notamment au cheptel de bétail qui, passé d’environ 260 000 têtes en 2017  à plus d’un million aujourd’hui, concurrençaient désormais la faune sauvage. 

Délocalisation volontaire ou expulsion forcée ?

Cependant, cette opération censée protéger les parcs nationaux de la Tanzanie est perçue par les Maasaï comme une volonté du gouvernement de les expulser de leur habitat historique. Ils s’y sont d’ailleurs opposés le 08 juin dernier, lorsque des policiers de l’Unité des forces de terrain (FFU) sont arrivés dans la ville de Wasso, dans la division de Loliondo du district de Ngorongoro, pour délimiter une zone de 1 500 km2 comme réserve de chasse. 

La revendication a tournée à l’émeute deux jours plus tard à Loliondo, faisant un mort parmi les policiers et une trentaine de blessés parmi les Massaï.

“Il n’y a pas d’expulsion ici, toutes les personnes qui partent se sont inscrites volontairement et le gouvernement les aide”, clame pourtant le gouvernement. Ce que dément plusieurs ONG sur place.

Les autorités doivent arrêter l’opération de démarcation et de sécurisation en cours à Loliondo et entamer de véritables consultations avec la communauté”, a estimé Amnesty International dans un communiqué.

Tanzanie - Relocalisation des Maasaï : Déplacement volontaire ou expulsion forcée ?

Famille Massaï près de Ngorongoro

Mercredi dernier, les experts de l’ONU se sont dits préoccupés par les projets de la Tanzanie visant à déplacer près de 150 000 Massaï de la réserve naturelle de Ngorongoro et de Loliondo sans leur consentement libre, préalable et éclairé”, dans une déclaration. 

Interdits de filmer

Plusieurs associations parmi lesquelles Survival France affirment que ce projet du gouvernement tanzanien est plutôt réservée à la fois à la chasse aux trophées (sous le contrôle d’Otterlo Business Corporation), à la “conservation” et aux safaris.

Cette violence que nous voyons en Tanzanie est la réalité de la conservation de la nature en Afrique et en Asie : des violations quotidiennes des droits humains des peuples autochtones et des communautés locales pour que les “riches” puissent chasser et faire des safaris. Ces abus sont systémiques et s’inscrivent dans le modèle dominant de conservation fondé sur le racisme et le colonialisme”, a déclaré Fiore Longo, directrice de Survival France. 

L’association veut ainsi attirer l’attention de la communauté internationale sur le drame que vivent les Massaï. Une tâche qui s’annonce ardue dans la mesure où  les médias ont été avertis et interdits de faire des reportages sur ce sujet, sous prétexte de “problème de sécurité nationale”.

“Le gouvernement prendra des mesures fortes contre toutes les ONG qui violent les règles”, a annoncé mercredi le ministre des Affaires intérieures, Hamad Masauni, en visite en Loliondo…

Guy Sandy

About The Author

WIHIA NEWS

Guy-Romain Sandy is a Journalist and blogger. He has been a press editor for WIHIA NEWS, a subsidiary of MEMA GROUP (WIHIA News, CAD Agency, CAD Aid&CAD Publishing) since 2020 Website: www.wihianews.com www.mema-group.com Email: gsandy@wihianews.com contact@wihianews.com

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