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Cameroun – M. Hamidou : Mort sur le champ du déshonneur !

Cameroun – M. Hamidou : Mort sur le champ du déshonneur !

Le professeur d ‘Education Physique et Sportive du Lycée de Beka (Département du Faro, Région du Nord-Cameroun), dont l’image a ébranlé les réseaux sociaux au début du mouvement de grève des enseignants, dénommé “OTS”, est décédé ce 08 mars 2022. Quelques jours après la signature de son acte d’intégration à la fonction publique camerounaise. Après 10 ans d’attente…

Il s’appelait Hamidou. Il était âgé de 39 ans. Maître principal d’Education Physique et Sportive, il était enseignant au Lycée de Beka, dans la région du Nord, au Cameroun. Il est mort ce 08 mars 2022, dans un dénuement aussi méprisable que déshonorant pour son métier.

Tout est parti du mouvement de grève qu’observe les enseignants des établissements scolaires publics depuis deux semaines, dénommé OTS (On a Trop Supporté Ndlr). Pour que l’opinion nationale découvre, médusée, celui qui en deviendra son symbole : M Hamidou, le visage décharné, le regard hagard, dans un accoutrement  choquant, tenant une pancarte indiquant qu’il était sans matricule et sans salaire depuis 10 ans!

Cameroun - M. Hamidou : Mort sur le champ du déshonneur !

Hamidou

“Depuis 2012 que je suis affecté au lycée de Beka, je n’ai ni salaire ni matricule. Je me bats avec l’agriculture et l’élevage quand je ne suis pas à l’école pour faire vivre ma femme et ma fille qui est à la SIL. Mon dossier est enregistré à la fonction publique depuis le 14 février 2022… “, precisait-il alors, dans une autre vidéo. 

Reconnaissance tardive

L’image, devenue virale sur les réseaux sociaux, a fait l’effet d’une bombe. Mieux, son écho s’est répandu jusqu’aux couloirs du Ministère de la fonction publique, forçant Joseph Le, le patron des lieux, à réagir.

En effet, ce dernier a non seulement procédé à la signature de son arrêté d’intégration à la fonction publique, mais lui a également adressé une lettre de félicitation, “pour son sens élevé du devoir”...

Hélas, ce sens “élevé du devoir”, dont à démontré M Hamidou pendant 10 ans, vient de voler en éclat. Car il s’en est allé en cette matinée du 08 mars 2022, à Jimeta, une localité…. nigériane, selon les précisions de son épouse. Mais comme si le déshonneur ne suffisait pas, le certificat de genre de mort délivré par les médecins mentionne plutôt qu’il est mort au Centre Médical d’Arrondissement de Beka, des suites de crises cardiaques. 

Honorer sa mémoire

Quoi qu’il en soit, c’est un soldat de la craie qui est mort. Dans une misère absolument intolérable. Peut-être était-il mort depuis, dans une lente et agonisante descente aux enfers. 

Il est mort sans percevoir le moindre franc de son salaire après 10 ans de sacerdoce. Seule une lettre de félicitations inopportune marquera son engagement à servir son pays durant 10 ans. Un homme est mort, un enseignant est mort, face à l’indifférence des décideurs. Un homme est mort, un enseignant est mort après avoir trop souffert.”, a écris le collectif “OTS” ce mardi. 

M. Hamidou était un martyr. Il est mort pour sa patrie, qui l’a injustement humilié pendant une décennie. Pour que son sacrifice ne soit pas vain, il faudra se dire “Plus jamais çà.” Car combien sont-ils, qui balbutient dans un silence déchirant, leur rage : Résignés par un système qui les asphyxient…

La mémoire de M Hamidou doit être honorée. Quelqu’un l’a suggéré, le Lycée de Beka pourrait par exemple être baptisé, Lycée Hamidou de Beka.

En attendant, bien sûr !

Guy Sandy

About The Author

WIHIA NEWS

Guy-Romain Sandy is a Journalist and blogger. He has been a press editor for WIHIA NEWS, a subsidiary of MEMA GROUP (WIHIA News, CAD Agency, CAD Aid&CAD Publishing) since 2020 Website: www.wihianews.com www.mema-group.com Email: gsandy@wihianews.com contact@wihianews.com

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