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Éthiopie : une commission parlementaire pour un dialogue sur le Tigré

Éthiopie : une commission parlementaire pour un dialogue sur le Tigré

Les députés éthiopiens ont approuvé, mercredi, un projet de loi visant à établir une commission pour le dialogue national, dans un contexte de pression internationale en faveur de négociations pour mettre fin au conflit au Tigré.

L’Assemblée parlementaire fédérale a voté à une écrasante majorité en faveur du projet de loi avec 287 voix pour, 13 voix contre et une abstention. “La création de la commission ouvrira la voie à un consensus national et préservera l’intégrité du pays”, indique le projet de loi.

Le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed a promis de créer une telle commission afin de trouver un terrain d’ententesur les questions litigieuses. Toutefois, la commission ne s’engagera pas, à ce stade, avec le Front de libération du peuple tigré (TPLF) ou l’Armée de libération oromo (ALO), qui combattent tous deux l’armée fédérale.

Cessez-le-feu

Certains responsables gouvernementaux ont déclaré expressément que la nouvelle commission ne s’engagerait pas dans des pourparlers avec le TPLF. Cettecommission pourrait cependant répondre aux appels persistants de la communauté internationale en faveur d’un cessez-le-feu et d’un dialogue inclusif pour résoudre le conflit, a déclaré Tsedale Lemma, PDG de Jakenn Publishing, éditeur de l’important média Addis Standard.

“Lorsque la communauté internationale demande la tenue d’un dialogue inclusif pour faire face à la crise qui s’aggrave en Éthiopie, il n’y a aucune ambiguïté sur la nécessité que ce dialogue soit réellement inclusif en faisant participer les différentes parties prenantes, y compris les groupes armés, au processus”, avance Tsedale Lemma.

Non-négociation

Le gouvernement a jusqu’à présent une politique stricte de non-négociation avec les groupes armés, ajoute-t-elle.“Dans ce contexte, on peut affirmer sans risque de se tromper que la Commission nationale de dialogue n’est qu’une extension de la tentative inadéquate du gouvernement de gratter la surface épaisse de la crise politique complexe et à multiples facettes de l’Éthiopie”.

L’ambassade des États-Unis en Éthiopie continue d’exhorter ses citoyens qui souhaitent quitter le pays à le faire en prenant des vols commerciaux. Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, s’est entretenu avec le président kenyan Uhuru Kenyatta de la situation en Éthiopie, a déclaré mercredi le porte-parole du département d’État américain, Ned Price.

Ingérence occidentale

Les responsables éthiopiens protestent toujours contre l’ingérence des États-Unis et d’autres pays occidentaux dans les affaires intérieures du pays.“Ces pays, en particulier les États-Unis, soutiennent le TPLF et exercent diverses pressions sur l’Éthiopie”, a déclaré mercredi Zadig Abrha, un responsable du bureau du Premier ministre éthiopien.

Ces dernières semaines, l’armée fédérale éthiopienne et ses forces alliées ont reconquis des pans entiers de zones dans les régions d’Amhara et d’Afar qui étaient aux mains des forces du Tigrédepuis juillet.

La conflit aurait causé la mort de dizaines de milliers de personnes et déplacé des millions d’autres, poussant des centaines de milliers de personnes dans des conditions proches de la famine dans la région du Tigré. Les deux parties au conflit ont été accusées de commettre des abus, des meurtres et des violences sexuelles à grande échelle.

 

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